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La fugue amoureuse

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" Les hommes font volontiers grief aux femmes qui les ont aimés leur aptitude à l’oubli. Dans ce premier livre, Véronique Falip témoigne qu’elle n’appartient pas à la race des oublieuses. Elle se souvient de tout, de tous, et les hommes qui, de manière plus ou moins fugace, ont traversé sa vie sont les protagonistes d’un itinéraire où la narratrice les dévoile et, simultanément, apprend à se connaître."

Gabriel Matzneff

Extraits

Daniel
« Ses paupières bombées, légèrement bridées, son nez droit dans le prolongement du front, ses lèvres finement ourlées, ses traits à la fois nobles et puissants donnent à l’ensemble une densité altière. Posant l’avant-bras sur sa cuisse, il dégage le zippo de sa poche arrière, allume une clope, tire deux trois taffes en fixant l’eau du port. J’aime son odeur, sa réserve ombreuse, sa beauté. Il ne rit jamais, il sourit, et le rouge lui monte aux joues et ses lèvres s’écartent sur des petites dents courtes et blanches. Quand il se tourne vers moi, je reçois comme un vent frais son haleine de fumeur. Il parle peu d’affilée, s’interrompt souvent, reprend le fil avec lenteur de sa voix de basse feutrée. Entre deux concessions faites aux mots j’aime l’échappée de ses silences. »

Rudy
« Il m’a fait une petite place dans son armoire. Je peux laisser chez lui quelques affaires, des bijoux, des robes, des mules, des nuisettes, des parfums, le kimono en soie acheté pour lui plaire. Pour nos rendez-vous, nos « temps » dit-il, je lisse ma peau d’un gel aux arômes de pamplemousse, choisis les robes, toujours, les bas résille ou les bas fins, les bottes serrées aux genoux. Je me gare, la nuit, devant l’immeuble Belle Epoque, remonte l’allée sous les réverbères, jusqu’au portail vert. Parfois j’attends dans la voiture car il a du retard. Ou bien j’arrive en avance pour trouver une place et j’attends l’heure. Je veux qu’il soit prêt, prêt pour moi, beau, parfumé, rasé de frais. »

Nathaniel
« Son beau visage de moine libertin rayonne, son regard d’angélique pétille. Nathaniel est cet homme sans âge qu’une expression ou qu’un sourire téléporte à travers le temps. Souvent le téléphone sonne, l’obligeant à quitter son poste. J’ai alors le temps d’admirer les fins poignets, les petites oreilles joliment ourlées, la peau dorée, les yeux clairs, les mains plus pleines et longues que dans mon souvenir. Une saharienne dans les tons de beige sublime son teint de miel, un merveilleux parfum que l’encens n’éteint pas et qui s’y mêle agréablement émane de lui, un parfum si seyant qu’il serait sacrilège qu’un autre le portât. Je m’étonne de la simplicité, du naturel, de la fraîcheur de corps et d’esprit de ce grand écrivain adulé. »

Le mot de l'éditeur
C’est un pèlerinage singulier auquel Véronique Falip nous convie dans ce beau recueil de nouvelles. Dix grains d’un rosaire amoureux, dix rencontres, dix amants émaillent ce décalogue sentimental, qui du tendre au sulfureux, se décline dans une langue où la justesse de la formule s’allie à la subtile musicalité de la fugue.

Découvrez Véronique Falip, auteure de "La fugue amoureuse".